Pourquoi les nuits deviennent difficiles
La maladie dérègle l’horloge interne. Votre proche se réveille plus souvent, a du mal à se rendormir et peut finir par dormir le jour et veiller la nuit : on parle d’inversion du rythme jour-nuit.
En fin d’après-midi, beaucoup de personnes malades deviennent plus confuses ou anxieuses. La fatigue de la journée, la baisse de la lumière et les ombres peuvent aggraver ce moment.
Les signes qui doivent alerter
Certaines situations montrent qu’il ne faut plus laisser votre proche seul la nuit :
- Il se lève plusieurs fois par nuit et ne retrouve plus son lit ou les toilettes.
- Il veut s’habiller, sortir ou « aller au travail » en pleine nuit.
- Il est déjà tombé la nuit, ou vous le retrouvez par terre le matin.
- Il laisse la porte ouverte, ouvre les fenêtres ou touche au gaz.
- Vous-même ne dormez plus, parce que vous guettez chaque bruit.
Apaiser les nuits au quotidien
La plupart du temps, ce sont des ajustements de la journée et de l’environnement qui font la différence, bien plus que les médicaments.
Pendant la journée
- De la lumière naturelle le matin et une activité physique douce, comme la marche.
- Une sieste courte, en début d’après-midi seulement.
- Pas de café, de thé ni de boisson stimulante après 16 h.
- Des repas et un coucher à heures fixes.
Le soir et la nuit
- Des activités calmes en fin de journée : musique douce, lecture à voix haute.
- Une lumière douce dans le couloir et les toilettes, une veilleuse si votre proche a peur du noir.
- Un verre d’eau ou une petite collation sur la table de nuit, s’il se lève parce qu’il a faim ou soif.
- En cas de réveil : parler doucement, rassurer, ne pas le contredire, puis l’inviter à se recoucher.
Sécuriser la chambre et le logement
- Dégagez le passage entre le lit et les toilettes : retirez les tapis et rangez les fils.
- Collez des repères sur les portes (toilettes, chambre, cuisine) et gardez une horloge lisible près du lit.
- La nuit, rangez les clés et les objets dangereux ; si besoin, ajoutez une alarme douce à l’ouverture de la porte.
Le but n’est pas de surveiller votre proche, mais de le protéger sans l’infantiliser.
Présence de nuit ou garde de nuit ?
Quand la famille ne peut plus assurer les nuits, une auxiliaire de vie peut prendre le relais au domicile. Deux formules existent :
| Présence de nuit | Garde de nuit |
|---|---|
| L’auxiliaire dort sur place, dans une chambre à part. | L’auxiliaire reste éveillée toute la nuit. |
| Elle se lève en cas de besoin : toilettes, réveil, angoisse. | Elle accompagne chaque lever et veille en continu. |
| Pour des nuits plutôt calmes, avec quelques réveils. | Pour des nuits agitées, des levers fréquents ou un risque de sortie. |
Le choix se fait avec vous, selon le nombre de réveils et le risque de chute ou de sortie.
Financer les nuits
Plusieurs aides réduisent le coût d’une aide la nuit :
- L’APA à domicile : le plan d’aide peut prévoir des heures la nuit, dans la limite du plafond de votre GIR.
- Le droit au répit : si vous êtes l’aidant indispensable et que le plafond de l’APA est atteint, une enveloppe de 583,52 € par an (en 2026) peut financer un accueil de nuit, un hébergement temporaire ou un relais à domicile.
- Le crédit d’impôt de 50 % sur les sommes qui restent à votre charge, même si vous n’êtes pas imposable.
Et vous, l’aidant ?
Les nuits hachées épuisent aussi les proches. Prendre du repos n’est pas abandonner votre parent : c’est ce qui vous permet de tenir dans la durée. Un accueil de nuit, un hébergement temporaire ou un relais à domicile peuvent vous libérer quelques nuits.
Comment ColombAge vous aide la nuit
Nous sélectionnons avec vous une auxiliaire de vie qui a au moins 3 ans d’expérience auprès des personnes âgées, pour qu’elle devienne un repère pour votre proche. Chaque nuit, elle note les réveils et ce qu’elle a fait : vous savez comment la nuit s’est passée.
Questions fréquentes
Une garde de nuit est-elle adaptée à la maladie d’Alzheimer ?
Oui. Pour des nuits agitées, la garde de nuit, avec une auxiliaire éveillée, rassure votre proche à chaque réveil et l’empêche de sortir seul.
Combien coûte une garde de nuit ?
Le tarif dépend de la formule (présence ou garde) et du nombre de nuits. Il est détaillé sur notre page prix, et le crédit d’impôt de 50 % s’applique.
L’APA peut-elle payer les nuits ?
Oui, si l’équipe médico-sociale du département inscrit des heures de nuit dans le plan d’aide, dans la limite du plafond de votre GIR.
Faut-il donner un somnifère ?
Pas sans avis médical : chez une personne atteinte d’Alzheimer, les somnifères augmentent le risque de chute et de confusion.
Mon proche veut sortir la nuit, que faire ?
Restez calme, ne le contredisez pas, proposez de remettre à demain et raccompagnez-le doucement. Rangez les clés et pensez à une alarme douce sur la porte.
Sources
- Alzheimer et troubles du sommeil : mieux comprendre pour mieux accompagner — francealzheimer.org (consulté le 19 octobre 2026)
- Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : les changements psycho-comportementaux — Hôpitaux de Paris Est Val-de-Marne (consulté le 19 octobre 2026)
- L’aide au répit dans le cadre de l’APA — pour-les-personnes-agees.gouv.fr (mis à jour le 15 janvier 2026)
- Sleep issues and sundowning — Alzheimer’s Association (consulté le 19 octobre 2026)
- Livret trucs et astuces 2024 — France Alzheimer Drôme et Ardèche (consulté le 19 octobre 2026)
- Emploi d’un salarié à domicile : crédit d’impôt — service-public.gouv.fr (consulté le 19 octobre 2026)
Publié le · mis à jour le
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