L’essentiel en 30 secondes
- Depuis la loi du 28 décembre 2015, le proche aidant d’une personne qui touche l’APA a un droit au répit.
- Il finance jusqu’à 583,52 € par an de solutions de répit, en plus du plafond mensuel de l’APA.
- Si l’aidant est hospitalisé, un relais peut être financé jusqu’à 1 159,32 € par hospitalisation.
- Deux conditions : l’aidant est indispensable et personne de l’entourage ne peut le remplacer.
- Le répit prend trois formes : accueil de jour ou de nuit, hébergement temporaire, relais à domicile.
Qu’est-ce que l’aide au répit de l’APA ?
L’aide au répit est un financement supplémentaire, prévu dans l’APA à domicile, qui permet au proche aidant de faire une pause. La personne aidée est accueillie quelques heures ou quelques jours ailleurs, ou un professionnel prend le relais chez elle. Ce droit a été créé par la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement.
Accompagner un parent âgé au quotidien est épuisant. La fatigue finit par peser sur la santé de l’aidant et sur la relation avec la personne aidée. Le droit au répit reconnaît ce besoin de souffler, et le finance.
Rappel : qu’est-ce que l’APA ?
L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) est une aide du département pour les personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie (GIR 1 à 4), qui résident en France de façon stable. Elle finance un plan d’aide : aide à domicile, aménagement du logement, répit. Elle n’est pas récupérable sur la succession. Tout le détail dans notre guide complet sur l’APA.
Qui a droit à l’aide au répit ?
Le droit au répit s’adresse au proche aidant d’une personne âgée qui vit à domicile et bénéficie de l’APA. Deux conditions doivent être réunies : la personne aidée serait en danger sans la présence ou la surveillance de cet aidant, et aucune autre personne de l’entourage (hors professionnel) ne peut le remplacer.
- La personne aidée touche l’APA à domicile (GIR 1 à 4).
- L’aidant assure une présence ou une aide indispensable à la vie à domicile.
- Il ne peut pas être remplacé par un autre proche.
Quel est le montant de l’aide au répit en 2026 ?
Le module répit finance jusqu’à 583,52 € par an, à utiliser dans l’année qui suit son attribution. Si le proche aidant est hospitalisé, un relais peut être financé en plus, jusqu’à 1 159,32 € par hospitalisation, pendant la durée de celle-ci. Ces sommes s’ajoutent au plafond mensuel de l’APA de la personne aidée.
| Dispositif | Montant maximum | Utilisation |
|---|---|---|
| Module répit de l’aidant | 583,52 € par an | Dans l’année qui suit l’attribution |
| Relais en cas d’hospitalisation de l’aidant | 1 159,32 € par hospitalisation | Pendant l’hospitalisation |
Pour mémoire, le plafond mensuel de l’APA à domicile va de 811,52 € en GIR 4 à 2 080,33 € en GIR 1 en 2026. Une participation peut rester à votre charge selon vos ressources : estimez-la avec le simulateur.
Quelles solutions de répit l’APA peut-elle financer ?
L’aide au répit finance trois grandes familles de solutions : l’accueil de jour ou de nuit dans une structure adaptée, l’hébergement temporaire de quelques jours à quelques semaines, et le relais à domicile par un professionnel. Le choix dépend de l’état de la personne aidée et de la durée de pause dont l’aidant a besoin.
L’accueil de jour ou de nuit
La personne aidée est accueillie une ou plusieurs journées (ou demi-journées) par semaine dans une structure dédiée, puis rentre chez elle le soir. L’accueil de jour aide à rester plus longtemps dans son cadre de vie : il rompt l’isolement, entretient la forme physique et la mémoire grâce à des activités, et assure un suivi régulier.
Il est particulièrement adapté aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Selon l’état de votre proche, vous pouvez choisir un centre de jour non médicalisé ou un accueil de jour thérapeutique, où des soins sont apportés. Certains établissements proposent aussi un accueil de nuit.
L’hébergement temporaire
La personne aidée séjourne quelques jours ou quelques semaines dans un établissement : établissement d’accueil temporaire, ou places dédiées dans un EHPAD. La durée ne peut dépasser quelques mois par an, consécutifs ou non.
C’est aussi une façon de tester la vie en établissement sans s’engager, si une entrée en EHPAD est envisagée. Les petites structures d’accueil temporaire sont souvent mieux acceptées, car elles ne sont pas perçues comme des maisons de retraite. Autre possibilité : une famille d’accueil ou une maison de répit, souvent médicalisée.
Le relais à domicile
Un professionnel vient chez la personne aidée pour prendre le relais de l’aidant : quelques heures dans la journée, une présence de nuit, ou plusieurs jours d’affilée (on parle parfois de « baluchonnage »). La personne aidée garde ses repères, ce qui convient bien aux personnes que le changement de lieu désoriente.
Les séjours de vacances adaptés
Des séjours permettent à l’aidant de partir en vacances avec son proche tout en gardant du temps pour lui. Renseignez-vous auprès de l’ANCV, de l’UFCV, de la CAF, de l’assistante sociale ou de la MDPH.
| Solution | Où ? | Durée | Pour qui surtout ? |
|---|---|---|---|
| Accueil de jour ou de nuit | En structure | Quelques heures, 1 à plusieurs jours par semaine | Personnes isolées, maladie d’Alzheimer |
| Hébergement temporaire | En établissement ou famille d’accueil | Quelques jours à quelques semaines | Absence de l’aidant, sortie d’hôpital |
| Relais à domicile | Chez la personne aidée | Quelques heures à plusieurs jours | Personnes que le changement de lieu perturbe |
Dans quelles situations demander une solution de répit ?
Trois situations reviennent souvent : la sortie d’hospitalisation de votre proche, quand l’organisation à domicile n’est pas encore prête ; une absence de l’aidant pour le travail ou les vacances ; et l’épuisement de l’aidant. Dans les trois cas, une solution de répit évite de laisser la personne aidée sans accompagnement.
- Après une hospitalisation : le temps d’organiser le retour (aide à domicile, portage de repas, aménagement, matériel adapté), un hébergement temporaire sécurise la transition.
- Pendant une absence : déplacement professionnel ou vacances, un séjour temporaire ou un relais à domicile permet de passer le relais sans stress.
- En cas d’épuisement : fatigue, troubles du sommeil, santé qui se dégrade. N’attendez pas la rupture : c’est précisément ce que le droit au répit doit prévenir.
Comment demander l’aide au répit, étape par étape ?
L’aide au répit se demande au conseil départemental, dans le cadre de l’APA. Si votre proche touche déjà l’APA, demandez une révision du plan d’aide. Sinon, faites la demande d’APA en signalant votre rôle d’aidant : l’équipe médico-sociale évalue aussi vos besoins de répit lors de la visite à domicile.
- Repérer la solution qui convient, avec l’aide d’une plateforme de répit ou du CLIC.
- Contacter le conseil départemental : demande d’APA ou de révision du plan d’aide.
- Préparer la visite d’évaluation : décrivez votre présence au quotidien et vos limites.
- Recevoir le plan d’aide mentionnant la solution de répit et son montant.
- Réserver la solution auprès de la structure ou du service à domicile, et conserver les factures.
À qui s’adresser pour trouver une solution de répit ?
- les plateformes d’accompagnement et de répit (PFR) ;
- le centre communal d’action sociale (CCAS) de votre commune ;
- le centre local d’information et de coordination gérontologique (CLIC) ou le point info seniors ;
- la MDPH, si la personne aidée est en situation de handicap.
Comment financer le répit autrement ?
En plus de l’APA, d’autres aides peuvent financer une solution de répit ou compenser la perte de revenus de l’aidant : le congé de proche aidant, l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), la PCH ou l’AEEH pour une personne handicapée, et les aides du CCAS, du département, des caisses de retraite ou des mutuelles.
- Le congé de proche aidant, pour suspendre ou réduire son activité professionnelle.
- L’allocation journalière du proche aidant (AJPA), versée par la CAF ou la MSA pendant ce congé.
- La PCH ou l’AEEH, qui peuvent financer du répit pour une personne handicapée.
- Le CCAS ou le CIAS de votre commune.
- Le fonds d’action sociale du département, de votre caisse de retraite, de votre mutuelle ou de votre assurance santé.
Le répit à domicile ouvre-t-il droit au crédit d’impôt ?
Oui pour le relais à domicile : les heures d’une auxiliaire de vie, en emploi direct, par une agence mandataire ou par un service prestataire, ouvrent droit au crédit d’impôt de 50 %, calculé sur ce qui reste à payer après l’APA. L’accueil de jour et l’hébergement temporaire en établissement ne relèvent pas de ce crédit d’impôt.
Pour aller plus loin : notre guide sur le crédit d’impôt pour les services à la personne.
Comment ColombAge vous aide à prendre du répit ?
Agence mandataire agréée d’aide à domicile, nous organisons le relais chez votre proche : quelques heures pour souffler, une garde de nuit ou plusieurs jours pendant votre absence, avec une auxiliaire de vie choisie pour lui. Vous restez l’employeur, nous gérons le contrat, la paie et les remplacements, et vous envoyons l’attestation fiscale.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l’aide au répit en 2026 ?
Jusqu’à 583,52 € par an, en plus du plafond mensuel de l’APA. En cas d’hospitalisation de l’aidant, un relais peut être financé jusqu’à 1 159,32 € par hospitalisation.
Faut-il avoir atteint le plafond de l’APA pour en bénéficier ?
Oui. La majoration est accordée quand le plafond du plan d’aide APA de la personne aidée est atteint. Elle s’ajoute alors à ce plafond (« sans préjudice du plafond », article L.232-3-2 du CASF), dans la limite de 583,52 € par an.
Le conjoint aidant peut-il bénéficier du droit au répit ?
Oui. Le conjoint ne peut pas être rémunéré par l’APA, mais en tant que proche aidant indispensable, il peut bénéficier du répit financé par l’APA de la personne aidée.
L’aide au répit est-elle récupérable sur la succession ?
Non. Elle fait partie de l’APA, qui n’est jamais récupérée sur la succession.
Qui choisit la solution de répit ?
La famille choisit, en lien avec l’équipe médico-sociale du département qui l’inscrit au plan d’aide.
Sources
- Article L232-3-2 du Code de l’action sociale et des familles (droit au répit du proche aidant) — legifrance.gouv.fr (consulté le 16 octobre 2026)
- Allocation personnalisée d’autonomie (Apa) — service-public.gouv.fr (vérifié le 1er juin 2026)
- Loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement — legifrance.gouv.fr (consulté le 16 octobre 2026)
- Article L113-1-3 du Code de l’action sociale et des familles (définition du proche aidant) — legifrance.gouv.fr (consulté le 16 octobre 2026)
- L’aide au répit dans le cadre de l’APA — pour-les-personnes-agees.gouv.fr (mis à jour le 15 janvier 2026)
- Congé de proche aidant (et allocation journalière du proche aidant) — service-public.gouv.fr (vérifié le 15 juin 2026)
- Article 199 sexdecies du Code général des impôts — legifrance.gouv.fr (consulté le 16 octobre 2026)
- Impôt sur le revenu - Crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile — service-public.gouv.fr (vérifié le 15 avril 2026)
Publié le 10 juin 2026 · mis à jour le 16 octobre 2026
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